logo-curie NOUS
SOUTENIR

Le laboratoire de chimie de Marie Curie

Le laboratoire de chimie de Marie Curie forme avec son bureau le cœur historique du Musée Curie. Cette pièce, donnant directement sur le jardin de l'Institut du Radium, a abrité les recherches de la directrice de l'établissement pendant les 20 dernières années de sa vie.

Dans ce laboratoire, communiquant avec son bureau, Marie Curie consacra beaucoup de temps à divers travaux délicats de chimie ou de physique. Elle a fourni des efforts inlassables pour obtenir des matières radioactives rares, comme le radium, le polonium et l'actinium, qui ont servi à de nombreuses recherches menées au laboratoire Curie. Irène et Frédéric Joliot-Curie eux-aussi y ont passé de nombreuses heures, se succédant au poste de préparateur personnel de la savante, puis comme directeur de l'Institut du Radium. Ce petit laboratoire de chimie a été décontaminé et reconstitué en 1981 grâce à un don de la Ligue nationale de lutte contre le cancer. Quelques appareils et éléments de la verrerie de l'époque ont pu être conservés, dont une blouse de Marie Curie !

"Je ne sais pas non plus si, même en écrivant des livres scientifiques, je pourrais me passer du laboratoire..." - Marie Curie dans une lettre à sa soeur Bronislawa, septembre 1927

La blouse de Marie Curie


Cette blouse, attribuée à Marie Curie, est présentée dans ce qui fut son laboratoire de chimie personnel conservé au Musée.

Ce vêtement, emblématique des laboratoires encore aujourd’hui, est traditionnellement blanc. La seule personne à l’Institut du Radium à déroger à cette règle esthétique n’était autre que Marie Curie elle-même : étant veuve, elle se devait de porter le deuil en arborant des vêtements de couleur sombre, ses blouses ne faisant pas exception. Ce vêtement est donc une preuve indirecte de la tragédie ayant frappé la famille en 1906.

Malheureusement, aucune preuve ne nous apporte la certitude que la savante a effectivement porté la blouse exposée au Musée : aucune photographie d’époque ne nous la montre la portant. Cependant, trois indices nous permettent de la rapprocher de celles que portait Marie Curie : tout d’abord, la taille visible sur une étiquette intérieure (taille 2) correspond bien à celle de Marie Curie, 1m63 ; ensuite, la coupe du vêtement est la même que celle de blouses aux tissus différents visibles sur les rares photographies de la scientifique dans ce même laboratoire ; finalement, nous avons également le témoignage de Nelly Boiteux, fille de Georges Boiteux, le chauffeur personnel de Marie Curie qui en aurait fait don au musée :

"Marie Curie était gaie, elle aimait bien mon père parce qu'il racontait toujours des blagues et ensemble ils riaient tous les deux. Elle était simple, elle discutait avec nous, elle n'était pas sévère avec les enfants. A l'époque elle avait déjà ses cheveux blancs, mais elle était belle, elle s'habillait bien, souvent avec de grandes robes noires. Elle portait des chapeaux. Quand elle travaillait, elle portait des blouses noires aussi. Mon père en a recueilli une après sa mort, il ne voulait pas qu'on la jette, je crois qu'elle est au musée."
Nelly Boiteux, fille de Georges Boiteux, chauffeur de Marie Curie, citée par Janine Dumont, in "Marie Curie sous le regard de Nelly", Bulletin de l'Association Curie et Joliot-Curie n°11, p.26, 2004.


Ce que nous savons cependant avec certitude grâce aux cahiers de comptes du laboratoire que tenait Marie Curie elle-même, c’est que toutes les blouses du laboratoire provenaient du même fournisseur : Libert, 25 place Maubert à Paris. Nous retrouvons traces de toutes ces commandes depuis 1907 jusqu’à sa mort, pour un prix unitaire oscillant entre 30 et 35 anciens francs (soit une vingtaine d’euros), principalement pour des « blouses pour dames ».

Evocation de la savante dans son laboratoire de chimie personnel, ce vêtement permet d’entrapercevoir un peu de l’intimité de Marie Curie.