Un portrait de Marie Curie en bourgeoise de son temps par Guy Manguin-Gouritin


Ce portrait est l’un des rares, parmi ceux conservés au Musée Curie, à représenter Marie Curie en dehors de son activité scientifique.

© Sacha Lenormand / Musée Curie

Guy Manguin-Gouritin (Français),
Sans titre, 2019,
Huile sur toile, 55 x 45,5 cm,
Service des Ressources historiques du Musée Curie

© Musée Curie (coll. ACJC) MCP4361

Marie et Eve Curie en 1909

Guy Manguin-Gouritin a peint ce tableau de Marie Curie en 2019. Elle se trouve dans un jardin, et a la tête nonchalamment appuyée sur sa main, son coude reposant sur une colonne à l’antique. Elle est vêtue d’une longue robe blanche travaillée, avec de la dentelle et tient un petit sac dans sa main gauche. L’artiste s’est inspiré d’une des trois photographies couleur sur plaque de verre qui existent de Marie Curie (1909).

Contrairement à la majeure partie des portraits de la physicienne appartenant au Musée Curie, ici l’artiste ne fait pas référence à la carrière scientifique ou aux honneurs de Marie Curie. Si le décor dans lequel l’artiste fait poser la physicienne est assez bucolique, avec les fleurs sur les arbustes dans le fond et les fleurs visibles dans l’herbe, Marie Curie semble mélancolique ou lasse. En effet, comme sur la photo de laquelle le tableau est inspiré, elle appuie sa tête sur sa main alors que son coude est posé sur la colonne. Cette pose, ainsi que son regard dans le vide, font référence à une forme d’abattement et de langueur.

La finesse de la robe et le sac à main renvoient à une image très féminine, selon les stéréotypes genrés. Le style est assez classique avec l’usage de la peinture à l’huile, la colonne antique et l’ouvrage raffiné de la robe. On pourrait inscrire cette œuvre dans les portraits réalistes de la fin du XVIIIe- début du XIXe siècle. Enfin, on peut se demander si l’artiste a justement représenté Marie Curie, en s’inspirant de la photo, comme les bourgeoises de son époque dans le but de montrer que ça n’est pas ce qui lui convient, comme en témoigne son expression de lassitude.

Texte de Anaïs Ferreira
en collaboration avec le Musée Curie