© Jérémy Mathur / Musée Curie

Le laboratoire de chimie de Marie Curie


Le laboratoire de chimie de Marie Curie forme, avec le bureau, le cœur historique du Musée Curie. Cette pièce, donnant directement sur le jardin de l'Institut du Radium, a abrité les recherches de la directrice de l'établissement pendant les 20 dernières années de sa vie.

"Je ne sais pas non plus si, même en écrivant des livres scientifiques, je pourrais me passer du laboratoire..." - Marie Curie dans une lettre à sa sœur Bronislawa en septembre 1927

Dans ce laboratoire, communiquant avec son
bureau, Marie Curie a consacré beaucoup de temps à divers travaux délicats de chimie entre 1914 et 1934. Elle a fourni des efforts inlassables pour obtenir des matières radioactives rares, comme le radium, le polonium et l'actinium, qui ont servi à de nombreuses recherches menées au laboratoire Curie. Irène et Frédéric Joliot-Curie eux-aussi y ont passé de nombreuses heures, se succédant au poste de préparateur personnel de la savante, puis comme directeurs de l'Institut du Radium. Ce petit laboratoire de chimie a été décontaminé et reconstitué en 1981 grâce à un don de la Ligue nationale de lutte contre le cancer. Quelques appareils et éléments de la verrerie de l'époque ont pu être conservés, dont une blouse de Marie Curie !

© Jérémy Mathur / Musée Curie

Le laboratoire aujourd'hui

© Musée Curie (coll. ACJC)

Marie Curie dans son laboratoire en 1921

© Musée Curie (coll. ACJC)

Le laboratoire en 1922

© Musée Curie (coll. ACJC)

Frédéric Joliot dans le laboratoire en 1931

© Jérémy Mathur / Musée Curie
© Musée Curie (coll. ACJC)
© Musée Curie (coll. ACJC)
© Musée Curie (coll. ACJC)

La blouse de Marie Curie


"Marie Curie était gaie, elle aimait bien mon père parce qu'il racontait toujours des blagues et ensemble ils riaient tous les deux. Elle était simple, elle discutait avec nous, elle n'était pas sévère avec les enfants. A l'époque elle avait déjà ses cheveux blancs, mais elle était belle, elle s'habillait bien, souvent avec de grandes robes noires. Elle portait des chapeaux. Quand elle travaillait, elle portait des blouses noires aussi. Mon père en a recueilli une après sa mort, il ne voulait pas qu'on la jette, je crois qu'elle est au musée."

Nelly Boiteux, fille de Georges Boiteux, chauffeur de Marie Curie, citée par Janine Dumont dans "Marie Curie sous le regard de Nelly", Bulletin de l'Association Curie et Joliot-Curie n°11, p.26, 2004.

© Jérémy Mathur / Musée Curie
© Musée Curie (coll. ACJC)

© Musée Curie (coll. ACJC)

Une blouse, attribuée à Marie Curie, est présentée dans la pièce qui fut son laboratoire de chimie personnel. Les blouses, emblématiques des laboratoires encore aujourd’hui, sont traditionnellement blanches, la seule personne à l’Institut du Radium à déroger à cette règle esthétique n’était autre que Marie Curie elle-même : étant veuve, elle se devait de porter le deuil en arborant des vêtements de couleur sombre, ses blouses ne faisant pas exception.

Aucune photographie d’époque ne nous montre Marie Curie portant dette blouse. Cependant, trois indices nous permettent de la rapprocher de celles que portait la scientifique : tout d’abord, la taille visible sur une étiquette intérieure (taille 2) correspond bien à celle de Marie Curie ; ensuite, la coupe du vêtement est la même que celle de blouses aux tissus différents visibles sur les rares photographies de la scientifique dans ce même laboratoire ; finalement, nous avons également le témoignage de Nelly Boiteux, fille de Georges Boiteux, le chauffeur personnel de Marie Curie qui en aurait fait don au musée.

Ce que nous savons cependant avec certitude grâce aux cahiers de comptes du laboratoire que tenait Marie Curie elle-même, c’est que toutes les blouses du laboratoire provenaient du même fournisseur : Libert, 25 place Maubert à Paris. Nous retrouvons traces de toutes ces commandes depuis 1907 jusqu’à sa mort, pour un prix unitaire oscillant entre 30 et 35 anciens francs (soit une vingtaine d’euros), principalement pour des « blouses pour dames ».

Evocation de la savante dans son laboratoire de chimie personnel, ce vêtement permet d’entrapercevoir un peu de l’intimité de Marie Curie.